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Capsules des entreprises technologiques


L'ABC de la recherche : l'exemple des universités - la base de connaissances

Lundi, 07 Janvier 2008

Dans certaines entreprises rompues à l’exercice de la vente et de la production, on trouve des équipes chargées de faire du développement expérimental. Plus souvent qu’autrement, cette situation résulte non pas d’une volonté explicite de faire progresser les connaissances ou la technologie, mais plutôt d’une tentative louable de surmonter de sérieuses difficultés rencontrées dans l’exercice de l’innovation. Mais le développement expérimental est plus périlleux qu’il ne pourrait paraître à première vue. Que d’échecs! L’entreprise est-elle prête à s’aventurer dans le champ de l’inconnu?

Malgré la distance que l’on évoque souvent entre l’entreprise et l’université, celles-ci se rejoignent dans ce domaine où la première peine tandis que la seconde excelle. Les industriels ont beau décrier le manque de pragmatisme des universitaires, force est de reconnaître qu’en matière de gestion de la recherche et d’acquisition des connaissances, ces derniers ont une longueur d’avance! Voilà pourquoi l’entrepreneur engagé dans le développement expérimental gagne à s’informer de la façon dont on travaille dans les centres de recherche.

Tout d’abord, on y sait généralement quelle est l’étendue et quelles sont les limites du champ de connaissances en question. On connaît les arguments des uns et les critiques des autres. On connaît les travaux de chacun, qu’ils aient mené au succès ou à l’échec. Bref, si on ne sait pas ce que l’on va trouver, du moins sait-on ce que l’on a le devoir de savoir! Ainsi, la base de connaissances est le fondement sur lequel travaille le chercheur universitaire. Pour lui, toute recherche scientifique, toute communication scientifique, de même que toute demande de subvention pour la recherche s’appuie sur une base de connaissances aussi vaste et aussi profonde que possible. Sa crédibilité et ses chances de réussite en dépendent. C’est pourquoi elle est mise à jour quotidiennement et consume une grande partie de l‘effort du chercheur.

Élémentaire direz-vous? C’est ignorer la réalité de la recherche en entreprise. Que s’y passe-t-il? On s’enquiert des besoins du client (il faut bien partir de là!) puis on assemble plaques et boulons, on compile des lignes de code, on fabrique moules et recettes, toutes choses plus belles que celles du compétiteur! Les problèmes techniques se mettent alors de la partie : instabilité, irrégularité, imprécision, bris, etc. On retrousse les manches et on recommence. Souvent on échoue et parfois on réussit. Nul ne se soucie du pourquoi, car seul compte le livrable! Qu’avons-nous appris de ces échecs ou de ces réussites? Quelle était notre base de connaissance? Qu’est-elle devenue? Mais aussi que vaut-elle? Je vous convie à un nouveau genre de question, à une nouvelle culture!

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