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Capsules des entreprises technologiques


Votre entreprise possède-t-elle une compétence scientifique?

Lundi, 02 Juin 2008

On s’entend généralement pour dire que la mission première d’une entreprise, fût-elle technologique, est de générer des profits. Pour cela, elle compte sur les compétences et les savoirs de ses employés et des diverses ressources externes disponibles. Dans une situation idéale, celle que souhaiterait l’investisseur, l’entreprise n’aurait qu’à « exploiter » de façon optimale ces ressources.

Aujourd’hui plus que jamais, la pression de la concurrence et les exigences croissantes du marché et de la réglementation mettent à rude épreuve les acquis des uns et des autres. C’est le cas notamment des connaissances scientifiques qui sous-tendent les technologies. Quand les connaissances existantes ou disponibles ne suffisent plus à la création ou à l’amélioration des produits ou des procédés, il faut bien se préoccuper de les découvrir. Mais ce n’est là ni la mission des entreprises, ni leur champ de compétence. C’est pourquoi, dans les PME, il est très rare que les employés soient familiers avec les méthodes de la recherche. Ni le talent d’inventeur, ni celui de développeur ni encore celui de « solutionneur de problèmes » ne permettent de saisir et d’aborder le processus de la recherche. Aussi précieux et développés qu’ils soient, ces talents sont avant tout basés sur l'exploitation des connaissances existantes, tandis que la recherche est préoccupée avant toute chose par la découverte de nouvelles connaissances.

La distinction est plus profonde que l’on ne s’imagine. Interrogez un technicien ou un ingénieur familier avec l’exercice du développement. Demandez-lui quelle est sa base de connaissance, ce qu’elle est au moment d’entreprendre un projet et ce qu’elle devient durant le processus de développement. Interrogez l’entrepreneur sur le savoir technologique spécifique qui distingue son entreprise de celle des compétiteurs, sur la façon dont ce savoir a été acquis, sur ce qu’il devrait être pour maintenir sa position. Les réponses que vous obtiendrez s’orienteront inéluctablement vers des considérations connexes telles que les avantages concurrentiels ou encore les caractéristiques techniques distinctives des produits. Ils ne parleront pas de savoir!

À une époque où l’expression « économie du savoir » est à la mode, il est remarquable que la connaissance soit totalement absente du champ de conscience de la majorité des acteurs de l’industrie. Alors que dire de la démarche scientifique? Tous savent qu’elle se résume à ces trois étapes fondamentales : hypothèse, expérimentation et conclusion. Mais si l’on ignore la raison d’être de cette démarche, à savoir l’acquisition de connaissances, si l’on n’accorde aucune importance à la connaissance, comment inscrire cette démarche dans le fonctionnement de l’entreprise afin d’en profiter pleinement? S’il est vrai que la pérennité de l’industrie dépend de sa capacité d’innovation, alors il faut faire en sorte que la compétence scientifique, nécessaire à la création de connaissances, trouve sa place dans l’entreprise moderne.

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